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C’est la croissance qui crée les emplois , foutaise ! - Politique / Foxoo
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Source : Alain Trétable Publié le 08/04/14 | Vues : 300

C’est la croissance qui crée les emplois , foutaise ! / Politique


Depuis le début des années 80, c’est l’éternelle recette des hommes politiques : pour venir à bout du chômage, il faut de la « croissance » ! Après plus de 30 ans, la chose fait rengaine. La recette ne marche pas. Dans les années 80, le PIB augmente régulièrement et le taux de chômage aussi pour se stabiliser autour de 10%.



http://www.alternatives-economiques.fr/la-population-active_fr_art_1112_56243.html


N'est-il pas temps d'autres voix, d'une autre voie pour répondre aux difficultés des français en situation précaire.

Implorer la croissance comme unique remède au chômage, c’est écarter le principe de la solidarité.

A croissance nulle, on peut imaginer que ceux qui ont du travail le partagent avec ceux qui n’en ont pas. C’était l’idée de Martine Aubry avec sa loi des 35 heures au début des années 2000.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_des_35_heures


L’erreur de la mesure, c’est qu’elle devait s’appliquer à tous, sans diminution de salaire. Une entreprise qui voit ses salariés travailler moins sans diminution de salaire ne peut équilibrer ses comptes qu’en augmentant la productivité, mais sûrement pas en embauchant des personnes supplémentaires dont le coût salarial n’est pas supportable à court terme. Par sa rigidité et son souci de protection salariale au détriment de la logique économique de l’entreprise, la loi sur les 35 heures a eu pour principal effet de mettre les entreprises françaises en difficulté et de ralentir leurs investissements et, par suite, leur développement.

Sans croissance, la véritable solidarité dans le partage du travail ne peut se faire qu’avec une diminution de salaire au prorata de la diminution du travail effectué. Le poids salarial en moins libère des budgets d’embauche pour les nouveaux entrants dont le travail compense l’absence de ceux qui ont choisi de travailler moins.

Travailler moins et gagner moins, voilà une belle idée ! Qui acceptera de gagner moins? Pas tout le monde c’est certain. Ce genre de mesure ne doit pas être obligatoire ; elle ne peut être qu’incitative. A nous de trouver les bons mécanismes.

Travailler moins c’est travailler à temps partiel ou à temps choisi. C’est probablement vers cette voie du temps choisi qu’il faut aller, pour ceux que ça intéresse. Laisser le choix du temps de travail. Inciter les entreprises à encourager le temps choisi et non pas le même temps imposé pour tous. Mettre de la souplesse ou de la flexibilité - pardon pour le gros mot - dans le temps de travail. Laisser le choix. Plus de liberté.

S’il est un secteur où le partage du travail est facile, c’est bien celui du secteur public, avec les emplois de la fonction publique et des collectivités territoriales. Rien de plus facile, à budget égal, que d’orienter les prochaines embauches vers des emplois à temps partiel afin de faire entrer un maximum de chômeurs dans l’emploi. C’est déjà ce que fait Pôle Emploi en faisant travailler à temps partiel d’anciens chômeurs longue durée. La chose pourrait être généralisée à un grand nombre de postes de la fonction publique et des collectivités, comme une variable d’ajustement vers l’emploi privé. Des emplois publics sécurisants, tremplins temporaires vers des emplois privés plus rémunérateurs. L'ascenseur social part des premiers étages (emplois publics à temps partiel, sécurisants mais peu rémunérateurs) pour s'élever vers les étages élevés (emplois privés à temps choisi et plus rémunérateurs). A chacun dans la durée d'utiliser l'ascenseur social selon ses capacités et ses ambitions personnelles.

La précarité, est-ce vraiment le chômage ?

C’est là aussi une rengaine souvent exprimée. Geneviève Roy, présidente de la CGPME, lors d’une émission de radio fin décembre 2013, répétait à l’envi « La précarité c’est le chômage ». C’est faux, on peut être chômeur et ne pas être dans la précarité. La précarité c’est le manque de moyens, pas le chômage.

Il est vrai qu’associer précarité et chômage est favorable aux employeurs, dans le rapport de force qui les oppose aux salariés. Un chômeur qui a absolument besoin d’un emploi pour sortir de sa « précarité » sera plus docile. Par contre, un chômeur qui n’est pas en situation de précarité, ne jouera pas sa survie avec l’emploi et pourra mieux négocier ses conditions de travail et son salaire.

En associant la précarité au chômage, est-ce que finalement on ne se trompe pas de combat? Car il existe une autre voie, celle de couper le cordon entre chômage et précarité.

La précarité c’est cette situation où on n’a plus la capacité d’assurer ses besoins primaires (se loger, se nourrir, se soigner, élever ses enfants) par manque de moyens financiers.

On en revient au combat de l’abbé Pierre à l’hiver 54. Combattre la précarité c’est assurer un toit pour tous. On en revient aussi au combat de Coluche au début des années 80. Combattre la précarité, c’est assurer un repas pour tous.

Bien évidemment, l’emploi à plein temps s’accompagne d’un revenu qui permet de se loger et de se nourrir. Mais faut-il obligatoirement un emploi à plein temps pour pouvoir se loger a-minima, pour se nourrir a-minima, pour ne pas tomber dans la précarité ? A cette question, il nous faut pouvoir dire « Non », en inventant des solutions où l’essentiel, le minimal, serait garanti pour tous, sans l’assujettir à l’emploi à plein temps.

A nous d’inventer cet « essentiel garanti » qui éradique définitivement les situations de précarité, qui nous rende plus serein en l’avenir, qui nous laisse le temps de rebondir, qui ré-équilibre le rapport de force entre employeurs et employés.

Pour qu'un jour prochain, on sorte enfin du carcan de la courbe du chômage et de l'évolution du PIB. Pour suivre, sans stress, d'autres statistiques liées à l'évolution de la société française : taux de satisfactions personnelles, temps libre, participation à des activités (bénévole ou rémunérée), surface et confort des logements, qualité de la nourriture, qualité des soins médicaux, qualité de l'enseignement, revenus disponibles, capacité à se déplacer ou à voyager, participation à des sorties culturelles, à des activités sportives, solidarité internationale, niveaux de connaissances, temps de trajets journaliers, etc...

Alain Trétable
Twitter @AlainTretable




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